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" Le vent des moissons " ou encore " Orages d'été " vous manquent ? Rassurez-vous, le service public qui doit tenir compte des spectateurs trop esseulés dans ce monde individualiste pour sortir au cours des belles nuits d'été que daigne nous offrir le seigneur (amen) a pensé à vous. Sept semaines durant, il va vous tenir en haleine pour savoir si Guillaume va enfin tirer Sorenza. Franchement, on n'en demandait peut-être pas tant.

ette fois-ci, je tenais à faire mon boulot jusqu'au bout et c'est pour ça que je n'ai pas hésité à m'enchaîner au canapé 1 heure 40 durant. Fort heureusement gâteaux et bières (10 litres) n'ont pas été de trop pour tenir le coup. Il y avait bien un truc intéressant sur M6 mais maintenant que j'ai le scope je n'avais plus d'excuses et j'ai dû m'emmerder ferme (en pleines vacances en plus !) 1 heure 40 donc. Impressions…
Guillaume va-t-il rouler LE patin comme on n'en fait plus à Sorenza , jolie Cendrillon des temps modernes ? Alors qu'il ne faut que 30 secondes aux soap operas américains pour que les héros se roulent des pelles, il nous faut attendre 7x1h40 soit 9 heures et 48 minutes pour voir Guillaume en rouler une au point que j'ai bien cru qu'il allait l'étouffer (avouez que c'eût été dommage !). Qu'est-ce que vous croyez, on prend son temps (et son pied !) en Provence ! Certains messieurs un peu vicelards sur les bords auront sans doute été déçus de ne pas avoir vu en 9h48 ne serait-ce qu'un chouilla du cul de Rosemarie La Vaullée (qui ne l'a pas volé). Bien fait pour eux (je règle mes comptes). Rassurez-vous, à défaut de Rosemarie ils eurent la bière pour se réchauffer. Mes capacités ayant des limites, j'ai patiemment attendu le dernier épisode pour mettre en œuvre mes talents que je n'avais pas l'intention de gaspiller dans des analyses stériles d'épisodes sans intérêt dramatique.
Mais il convient de revenir au feuilleton. Sept fois durant sept semaines, le téléspectateur accro face à tant d'insoutenable suspense (Sorenza allait-elle finir par monter dans 403 pick-up de Guillaume et Guillaume accessoirement monter Sorenza ?) avait la désagréable impression de se faire niquer en voyant d'un coup, comme ça, sans prévenir une Sorenza bis faire enfiler des couches à un sale mioche qui n'arrête pas de faire caca partout. " Hein ? Putain , elle déménage sec Sorenza et elle perd pas de temps pour accoucher de mioches qui font caca partout " (ce sont mes goûts scatophiles qui réapparaissent, veuillez m'en excuser). Mais en voyant apparaître " Pampers " le doute l'assaille et il est bien obligé de remettre les pieds sur terre et d'admettre qu'entre temps il s'était assoupi. Alors voyons ce qu'il s'est passé enter deux pubs pour Pampers.


L'intrigue est simple. Guillaume a réussi à faire marcher à plein régime son usine de parfums et ramasser les tunes. Mais devant lui se dresse un gros obstacle : il aime la jeune italienne qui a bâti sa vie à force de volonté en partant de rien et il est marié. Ca lui apprendra . Le pire, c'est que chacun a un gosse sur les bras.
Cependant tout se précipite dans ce dernier épisode. L'assistant de Guillaume dérobe les formules secrètes de parfums néanmoins secrets et se tire (voire tire) avec sa femme. C'est génial pour lui dans la mesure où il a un bon prétexte pour divorcer mais dans une autre mesure c'est chiant car son entreprise est dans la merde (tiens tiens j'en reviens à mes oignons). Mais comme dans tout feuilleton sentimentalo-commercial il y a une justice et Guillaume retrouve ses secrets et demande le divorce. Un gosse est en jeu et sa femme Louise refuse. Elle fait tout pour détruire sa vie et comme si cela ne suffisait pas les perpectives de vente des roses (fleurs autour desquelles tourne l'histoire quoi de plus normal) sont médiocres.
Mais décidément Dieu (où plutôt le scénariste) est du côté des gentils. La vie de Louise bascule : d'abord elle apprend que sa rivale est en fait sa sœur (il y a de quoi rester sur le cul non ?) et que par conséquent elle doit partager avec elle un bien gros héritage. Elle, la fifille à son papa adoré toute gâtée, partager le magot avec cette plouque de pauvresse partie de rien, vous vous rendez compte ? Et ce n'est pas tout ! Après avoir bouffé de la vache folle, sa mère devient folle à son tour et son père meurt en la voyant tenter de se suicider. " Tu auras ma mort sur la conscience " disait-elle et finalement c'est elle qui a la mort de son père sur la sienne. Bien fait pour elle d'ailleurs, elle avait qu'à pas être méchante d'abord. Et toute sa vie bascule, elle rate son suicide et est complètement au bout du rouleau.
Mais le scénariste s'était vraiment levé du bon pied et était bien généreux pour permettre à Sorenza (devenue sa sœur quand même) de voler à son secours et de l'aider à s'en sortir. Louise retrouve donc un certain équilibre et trouve une nouvelle vocation : la peinture. Elle peint tellement bien que Guillaume n'hésite pas à lui acheter un de ses tableaux.
Je n'en pouvais plus, j'ai regardé 30 secondes ma canette de bière et je lui ai dit en pleurant à chaudes larmes : " Putain-snif- tu te rends compte comme c'est beau et à quel point il peut y avoir une justice ! ". Dès cette soirée ma vie a été bouleversée et c'est là que j'ai pris conscience des cruelles carences de ce monde et que j'ai décidé de plaquer mes études pour partir combattre la chasse aux tourterelles. Au nom des tourterelles, merci France 2 !